Shouro Jidai

L'époque des clochers
 
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Parce que les choses ne se passent jamais comme prévues [PV Trafalgar]

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Sally Funesti Lamina
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MessageSujet: Parce que les choses ne se passent jamais comme prévues [PV Trafalgar] Mar 24 Nov - 6:18


C'était une journée calme. Calme et tranquille. Tranquille et ennuyeuse. Ce genre de journée où rien de passionnant n'arrive. Ce genre de journée où il n'y a presque personne dans les rues. Ce genre de journée où tout le monde est occupé. Bien malheureusement. C'était dans ces moments que les pensées divaguaient sur tout et n'importe quoi, mais sans réelle importance. Et c'était dans ces moments que la seule chose qui sortait des lèvres était des soupirs. Des soupirs d'ennui et de découragement. Le cas d'une longue journée en vue. Et le soleil qui semblait se figer. Et l'aiguille qui n'avançait pas. Et le sable qui ne s'écoulait pas. C'était pénible. Oui. Pénible. Horrible. Désespérant. C'était le genre de journée que vivait Sally en ce moment même. Elle avait l'impression qu'elle ne passerait jamais au travers, que ça ne finirait jamais. C'était définitif. La routine, ce n'était pas pour elle.

Étendue de tout son long sur le banc d'un parc, Sally avait un bras sur le front pour cacher le soleil et fixait les nuages. Enfin, les quelques formes blanches qui passaient parfois dans le ciel en ce bel après-midi des plus monotones. Parce que même ça, il n'y en avait pas beaucoup. Soupir, soupir, soupir. Il devait bien y avoir quelque chose quelque part. N'importe quoi. N'importe quoi d'autre que de rester couché sur ce banc à regarder le bleu du ciel. C'était qu'elle allait devenir folle à ne rien faire. Elle ne pouvait accepter qu'il ne se passe rien. La journée ne pouvait pas continuer ainsi. Il n'en était pas question. Bon. Elle devait se lever. Se lever et aller trouver quelque chose à faire. Aller. Hop !

Une fois sur ses deux pieds, la pirate replaça ses armes et quitta le parc vide de toute âme humaine pour se diriger vers la place publique. Elle aurait peut-être une chance de trouver quelque chose à faire là-bas. En tout cas, plus qu'en restant seule dans un parc. Et puis, c'était à la place centrale que tout se passait, non ? Sally marchait dans les rues tranquilles avec une moue agacée. La pirate avait beau croisé quelques personnes, ces dernières étaient toutes occupées à quelque chose de généralement ennuyeux ou bien, elles se dépêchaient d'aller ailleurs pour finir elle ne-savait-quoi.  Il fallait dire que cela faisait quelques jours maintenant qu'elle était coincée à la capitale. Elle n'avait qu'une hâte : repartir braver les mille-et-un chemins s'ouvrant sur le monde. Ce serait normalement le temps pour elle de quitter les lieux et de se lancer dans une quelconque aventure. Mais, en même temps, elle souhaitait plus que tout retrouver ce qu'elle avait perdu.

Quelques soirs plus tôt, elle avait rencontré un petit bonhomme bien original dans une auberge. Il avait promis de lui raconter ce qu'il savait sur l'équipage des Aigles Noirs, équipage sur lequel Sally n'avait malheureusement rien pu trouver elle-même. Peut-être qu'il pourrait même la mener à eux. Qui sait ? Sally aimerait vraiment pouvoir les rencontrer, ou plutôt les revoir. Malheureusement, le petit bonhomme ne s'était jamais présenté au rendez-vous. Elle l'avait croisé le lendemain devant une boutique, mais étant pressé, il avait demandé à la pirate de la rejoindre le soir à la même auberge que la dernière fois. Mais, à nouveau, il ne s'était pas présenté. Trois fois, il lui avait donné rendez-vous et trois fois il avait été absent. Sally commençait à se demander s'il ne se moquait pas d'elle... Mais elle avait besoin d'espérer qu'il ne mentait pas. Ça allait faire un an qu'elle cherchait sans arrêt par elle-même et elle n'était pas bien avancée... D'accord, elle en avait appris beaucoup, mais pas assez. Ce qu'elle savait était généralement superflu. Elle ne savait toujours pas qui elle était. Au fond d'elle-même, elle savait qu'il lui manquait quelque chose. Une chose importante. Une chose qui la définissait. Elle avait besoin de le savoir. Cet équipage était le seul moyen qu'elle avait pour renouer avec sa vie d'avant. Bon, il y avait bien Kal, mais celui-ci ne faisait pas partie intégrante de sa vie de pirate. Il n'était qu'un ami de passage, qu'elle rencontrait par moment. C'était différent.

Donc, le petit homme n'avait pas encore répondu aux questions de la jeune femme. Mais celle-ci ne se décourageait pas et continuait d'attendre de le croiser. Parce qu'elle n'avait aucune idée d'où il restait et personne ne semblait le savoir non plus. Un peu comme si personne ne faisait attention à ce petit être étrange. M'enfin. Sally s'était donc convaincue de rester dans la ville basse jusqu'à le retrouver et lui poser ses questions. Elle le suivrait même s'il le faut. Pas question qu'elle laisse cette chance passer une nouvelle fois. Mais elle avait beau le chercher, il restait introuvable. Elle se contentait donc de déambuler dans la ville avec attention, mais sans être complètement à sa recherche. Voilà ce qui l'avait en gros mené jusqu'à ce banc de parc.

Et maintenant, elle s'était remise en route avec l'espoir de trouver quelque chose à faire. Quelque chose d'autre que la recherche de quelqu'un d'introuvable. Elle déambulait dans les allées en évitant les gens occupés et en jetant quelques coups d'œil dans les coins. Un soupir s'échappait de ses lèvres par moment lorsqu'elle pensait à tout ce qu'elle manquait en ce moment même. Mais elle devait rester. Elle n'avait pas le temps de penser au «si». Il fallait foncer, se décider ou laisser tomber, mais surtout ne pas regretter. Il y avait trop de choix à faire et pas assez de temps pour regretter ou réfléchir à ce que ça aurait changé. Ça faisait quelques jours qu'elle était là et quelques-uns de plus n'allaient pas la tuer. En tout cas, ça ne devrait normalement pas. Bon, elle commençait vraiment à réfléchir à n'importe quoi. Un peu plus, et cette chère Sally changerait sa vocation pour philosophe. Il lui fallait vraiment se trouver une occupation...

Et le destin faisait justement très bien les choses. Ou à moitié bien, disons.

Sally posait un pied devant l'autre, avançant d'un pas nonchalant dans les rues de plus en plus désertes. Tiens... C'était étrange, ça. Ça n'aurait pas plutôt dû être le contraire ? Elle aurait dû commencer à croiser de plus en plus de gens, occupés soit, mais des gens quand même. Elle se dirigeait vers le centre de la ville après tout. Cependant, c'était le contraire qui se passait en ce moment. Regardant un peu plus attentivement autour d'elle, la pirate comprit pourquoi il n'y avait presque personne. Elle n'était simplement pas au bon endroit. Elle qui pensait s'approcher de la place publique, elle était en chemin pour la contourner en fait. Et la contourner de loin il fallait dire. Elle avait dû faire un mauvais choix au carrefour un peu plus tôt. Ah là là... Bon... Elle observa attentivement les bâtisses et les écriteaux pour bien se situer. Oh. Elle était dans cette section. La section dite malfamée de la ville basse. M'enfin, ce n'était pas comme si ça effrayait la pirate. Mais elle aurait préféré éviter le coin des tavernes. Des moyens pour tomber sur des soulons ennuyeux et chiants. Mais bon... Ça avait l'air tranquille bien heureusement. Et si elle se souvenait bien... Parce qu'elle était évidemment déjà passée par ici. C'était une pirate, ne l'oublions pas. Donc,  si elle se souvenait bien, elle devait reprendre la prochaine rue à droite pour retrouver la route qu'elle avait d'abord voulu emprunter pour se rendre au centre. Encore quelques mètres, et elle arriverait à la rue qu'elle voulait, car il y avait bien des ruelles, mais celles-ci formaient presque un labyrinthe rempli de culs-de-sac. La jeune femme n'avait pas envie de s'y promener en cette ennuyeuse journée.

Brusquement, Sally s'arrêta. Dans un sifflement, un couteau secoua l'air devant le visage de la pirate. Il allait se frapper contre un mur plus loin avant de tomber sur le sol. D'un regard froid et dur, la jeune femme tourna la tête vers la ruelle à sa gauche. Elle y découvrit, sans surprise, un homme arborant un grand sourire fier. Son sourire s'agrandit en croisant le regard de Sally. Il semblait prendre un malin plaisir à énerver les gens. Sally se tourna face à lui en croisant les bras. Penchant légèrement la tête, elle posa sur lui un regard froid et ennuyé à la fois. Le sourire de l'homme sembla faillir sous l'apparence nonchalante qu'affichait Sally, mais il se reprit si vite que Sally crut presque l'avoir imaginé. Par contre, elle connaissait ce genre de personne et elle ne les aimait pas beaucoup. Ils étaient toujours trop fiers en plus. Celui-ci jouait avec ses quelques couteaux qui n'impressionnaient pas la pirate le moins du monde. Elle devait avoir au moins 6 fois plus que couteau que lui sur elle, en ce moment même. Sally pouvait presque passer pour une sorcière à cacher autant d'armes sur elle. Mais il ne fallait pas s'y tromper, Sally n'y connaissait absolument rien à la magie. Il faudra toujours le répéter, car c'est un point important. Ou peut-être pas tant que ça. Enfin, passons.

Faisant tourner son couteau dans sa main, l'homme se décolla du mur sur lequel il était accoté et fit quelques pas en direction de la pirate avec un regard de plus en plus carnassier. C'était qu'il s'y croyait... Bon. Sally la sentait venir la bagarre. Et comme toujours, il la sous-estimerait et Sally s'en sortirait beaucoup trop facilement. Ça finissait toujours comme ça. Les hommes étaient sexistes. Surtout ceux-là. C'était comme ça. Elle ne pouvait pas y changer grand-chose, mais elle pouvait remettre son orgueil à sa place. Parce que ça faisait toujours mal à l'orgueil de se faire battre par une fille. Eh oui, même si bien des femmes comme Sally étaient meilleures que bien des hommes en combat, les femmes restaient considérées comme faibles. La pirate se demandait parfois d'où cela venait, mais elle se rappelait ensuite que la plupart des jeunes femmes de ville étaient effectivement impuissantes. C'était son enfance au milieu de pirates qui l'avait elle-même rendue dangereuse, il fallait dire. Enfin... Lorsqu'on voyait une femme se balader avec des épées, n'était-ce pas logique de comprendre que ce n'était pas une dame sans défense qui gloussait aux moindres compliments, qui souvent n'en étaient même pas d'ailleurs ? Ou peut-être que c'était ce qui excitait ces hommes ? De pouvoir mettre au tapis une femme indépendante ? Hum. Matière à réflexion qui valut un frisson à Sally. Elle espérait seulement que ce n'était pas vraiment ce qu'il voyait en la regardant... Mais en fait, elle savait que si. Beurk ! Jamais elle ne se laisserait battre par un animal qui puait le désir charnel à des lieux à la ronde ! Il ne poserait pas une main sur son corps. Ça, c'était certain.

- Alors ma jolie...  

Déjà, Sally sentit un nouveau frisson de dégoût parcourir son corps. Non... Elle voulait absolument qu'il ne s'imagine rien d'autre qu'une défaite lamentable. Mais juste avec ce mot, il en insinuait déjà trop. Dégoutant. Il fallait qu'il arrête de la déshabiller du regard d'ailleurs. Ça y est, Sally sentait sa patience s'épuiser. Il y avait des moments comme ceux-là où la pirate n'endurait tout simplement pas les gens débiles. Elle allait le frapper. Avec un couteau. Dans le ventre. Voilà. C'était comme ça qu'il fallait remettre un animal à sa place. Non ? … En tout cas, c'était sa façon de régler ses problèmes avec ce genre d'abrutis.

- … on s'promène seule dans c'genre de coin ? T'as pas peur d'faire d'mauvaises rencontres ?  

Et pour répondre à cette réplique des plus clichées, Sally ne se contenta que de rouler des yeux. Il ne pensait pas vraiment innover en disant ça ? Si ? Ce devait être LA phrase que toutes ses mauvaises rencontres lui sortaient. Oui, parce que c'était presque une routine pour elle maintenant... Partout où elle allait, elle finissait par tomber sur ce genre d'imbécile. Elle ne savait pas si c'était parce qu'elle se promenait seule ou bien l'effet de ses armes, mais elle se faisait toujours aborder par des racailles. Oh. Et il continuait avec sa voix rauque d'homme qui grogne à tout bout de champ. Et Sally pouvait déjà deviner quels genres de répliques allaient suivre.

-J'peux m'occuper d'toi s't'en a envie. J'dis pas non pour d'la compa'nie là. On va ben s'amuser, ma belle.

Tout en lui disant la dernière phrase, il lui fit signe d'approcher, prêt à la prendre par la taille. Et puis, il n'avait bien entendu pas arrêté de marcher dans sa direction. Il devait être débile. Plus que d'autres en tout cas. Il croyait vraiment qu'elle allait entrer dans son jeu ? Bon. D'accord. Peut-être qu'elle aurait pu le faire. Ça lui était déjà arrivé de faire marcher des abrutis dans son genre. Mais ceux-là étaient généralement mignons et Sally s'amusait à détruire leur illusion de macho avec quelques répliques de son cru. Pour l'instant, ça ne lui tentait aucunement et il n'était pas question qu'il pose ses grosses pattes sales sur sa peau. D'ailleurs, elle n'avait jamais laissé un de ces idiots la toucher. Elle ne se contentait que de répliques, de regards et de sourires, restant inaccessible. Mais là, au diable les clins d'œil. En plus, celui-là ne s'attendait clairement pas à un flirt. Non. Il s'y croyait vraiment. À nouveau : Beurk. C'était un vieux pervers, voilà tout.  

Avec un soupir, Sally secoua la tête de façon désespérée et se détourna pour s'éloigner. Il n'en valait pas du tout la peine. Il ne l'amusait même pas et elle ne voulait pas perdre son temps. En plus, il y avait peu de chance pour que la personne qu'elle cherchait traîne dans ce genre de ruelle. À peine eut-elle fait quelques pas qu'elle entendit un sifflement près de son oreille. Un nouveau soupir s'échappa des lèvres de la pirate. Elle avait espéré qu'il abandonne bêtement, mais c'était trop beau. Il ne pouvait pas simplement retourner à ses occupations, n'est-ce pas ? C'était plus fort que lui, c'est ça ? Ce que c'était agaçant. Tournant la tête, elle remarqua l'expression qui avait changé sur le visage de l'homme. Ses sourcils touffus étaient froncés et il serrait les dents devant ce que Sally devinait être l'humiliation qu'elle lui faisait. À voir cette réaction, Sally comprit qu'il s'y était vraiment cru jusqu'à ce qu'elle détruise toutes ses illusions. Non, mais ! Pour quel genre de débauchée la prenait-il celui-là ?! Allons. Du calme, elle n'avait pas de temps à perdre dans un combat ridicule avec un imbécile. Étonnement, elle n'en avait pas trop l'envie en ce moment. Elle qui sautait sur l'occasion la plupart du temps, mais elle était si près du but en ce moment. Elle ne pouvait pas laisser cette piste et partir de nouveau les mains vides. Ça faisait trop longtemps qu'elle cherchait. Elle ne pouvait pas prendre le risque d'un combat qui s'éternise. Parce qu'elle avait beau être confiante sur l'issu d'un tel combat, elle ne pouvait pas se permettre de sous-estimer son adversaire comme il le faisait probablement avec elle. Son regard, mortellement noir, se posa sur l'homme pour le décourager à faire le moindre mouvement. Cela sembla avoir son effet, car sous la puissance silencieuse de ce regard, l'homme se figea.

- Je te conseille de me laisser tranquille. Je ne suis vraiment pas d'humeur à jouer.

Ces paroles furent prononcées d'un ton neutre, mais la menace se ressentait dans l'air. Sally n'avait aucunement envie de rigoler en ce moment. Il ferait mieux de la laisser partir ou elle ne donnait pas cher de sa peau. Lorsque la pirate entrait dans cet état, ce pouvait être bien mortel pour les gens l'entourant et surtout, pour la cause de cette humeur soudaine. Sally était une femme plutôt pacifique, enfin, autant que pouvait l'être une pirate. Mais elle avait aussi des priorités et des objectifs dans sa vie. Aussi mystérieuse et amnésique soit-elle. Lorsque quelqu'un se plaçait entre elle et son but, cela la mettait dans une colère noire. C'était exactement ce que faisait cet homme en ce moment. Il la poussait à bout. Tellement qu'il s'en mordrait les doigts après. Enfin, s'il pouvait encore bouger. Et s'il avait toujours des doigts...

Bouche bée, l'homme continuait de fixer la jeune femme avec de grands yeux. À quoi pensait-il ? Que ressentait-il ? Désir ? Effroi ? Envie ? Sally ne saurait dire, mais elle ne s'y attarda pas non plus. Lorsque la pirate bougea enfin, le barbare semblait reprendre ses esprits. Il secoua la tête, recula d'un pas, serra les dents, s'avança et sortir son arme. Voilà ce qu'il avait donc choisi. Doucement, trop doucement, Sally extirpa son épée courte de son fourreau gauche et la plaça devant elle. Elle porta sa main gauche à son dos et se plaça en position. Avec un regard de résignation, elle amorça le premier coup qui fut bloqué par l'arme de son adversaire, mais son poignard, lui, atteignit sa cible. L'homme la regardait avec étonnement, un couteau en plein ventre. Ça avait été un peu trop facile. Il ne s'était concentré que sur l'épée de la pirate et n'avait pas pris la peine de regarder son autre main qui tirait un poignard au moment où il baissait sa garde d'un côté pour bloquer l'arme de l'autre. Un coup de pied envoya l'homme au sol. C'était très bien évidemment un débutant dans le métier. Elle l'épargnerait. Par pitié. Mais il ferait mieux de ne jamais recroiser son chemin.

Alors qu'elle allait se retirer et ranger son arme, des bruits de pas se firent entendre au fond de la ruelle. Les pas se rapprochaient des deux adversaires et Sally n'était pas certaine de vouloir faire leur rencontre. Se retournant, la pirate s'apprêta à disparaître rapidement, mais déjà les nouveaux arrivants apparaissaient dans la lumière du jour. À croire qu'ils n'étaient pas bien loin. Avaient-ils assisté à la rencontre ? Cette pensée fit froncer les sourcils de la jeune femme qui garda son épée à ses côtés. Une bande d'hommes à la réputation douteuse fit son apparition et les hommes se dispersèrent autour de la pirate. C'était très mauvais signe, elle ne pouvait pas rester en si mauvaise posture. Elle recula donc en même temps qu'ils avançaient, ne les quittant pas du regard. Dans quel merdier s'était-elle précipitée encore ?! C'était du Sally tout craché ça. Est-ce qu'elle apprendrait un jour ?

Bon. Elle n'avait pas le temps réfléchir à tout ça. Il lui fallait s'éclipser le plus vite possible. Son regard se promenait et enregistrait chaque mouvement de ses opposants, parce que c'était ce qu'ils étaient, des opposants, des adversaires. Sally savait déjà quelle tournure prendraient les événements si elle se risquait à rester. Perte de temps, mais surtout, danger pour sa vie. Ils étaient trop nombreux pour elle et ils savaient se battre. Ils n'étaient pas du même calibre que le minable qu'elle venait d'envoyer au sol. Celui-ci devait être une nouvelle recrue dans la bande probablement... Et maintenant, le reste de la meute venait à la rescousse. Avec amusement et désir dans les yeux. Les chiens. Ils étaient dégueulasses. Sally leur devinait les mêmes envies que l'homme qu'elle avait battu. Aller, assez perdu de temps. Il était temps de s'éclipser.

Elle se tourna et glissa rapidement entre deux armoires à glace, mais avant d'avoir pu courir se cacher dans l'ombre de la ruelle suivante, quelque chose lui sauta sur le dos et l'envoya au sol. Merde. Elle se retourna en envoyant la petite personne plus loin sur le sol et se releva rapidement en ramassant son arme qu'elle avait laissé tomber. Pendant ce petit manège, les hommes de la bande s'étaient rapprochés d'elle. Elle n'avait pas pensé qu'il pourrait y avoir d'autres personnes plus loin s'assurant qu'elle ne quitte pas si facilement. Heureusement, elle n'était maintenant plus entourée ; les hommes lui faisaient face. Par contre, elle devinait qu'il y en avait d'autres, toujours cachés. D'ailleurs, la personne de qui elle s'était débarrassée avait déjà disparu. Sûrement retourné en position. Oh. En position ? Non... Ce ne pouvait pas être un piège. Un plan ? Une embuscade ? Leur moyen d'attraper une victime ? Alors l'homme de tout à l'heure n'était qu'un appât, c'est ça ? Et elle s'était laissé avoir. Comme une débutante. Elle serra les dents de honte devant le grand sourire fier que ces hommes abordaient. Certain de leur victoire. Sally ne pouvait pas non plus leur rire au visage. Sa défaite semblait amèrement plausible pour une fois.

Un moment passa. Moment où Sally regardait chacun dans les yeux d'un regard sérieux. Prête à n'importe quelles éventualités. De leur côté, il semblait la jauger, voir ses réactions et ce qu'elle avait à offrir. Dans un chuintement métallique, un des hommes sortit son arme. Sally porta un regard en coin sur lui sans pour autant en oublier la présence des autres. Ça allait commencer, donc. Elle était prête. Elle prit une grande inspiration et relâcha son souffle en bougeant d'un pas pour éviter l'arme qui lui fonçait dessus. L'homme se tenant devant elle avança d'un pas et laissa un sourire carnassier apparaître sur son visage en lançant un «Allez-y. Amusez-vous.» Il se retourna pour quitter la place alors que les hommes qui l'entouraient riaient en prenant leurs armes. Sally serra son arme dans sa paume et un couteau apparut dans sa main. Elle allait lancer son couteau sur l'homme qui semblait être reconnu comme le chef et les hommes allaient se précipiter sur la pirate lorsqu'une voix puissante s'éleva. Tout le monde se figea, Sally y comprise. Elle n'avait pas entendu les paroles prononcées par cette voix, mais en voyant les hommes se tasser pour laisser un immense bonhomme avancé vers elle, elle devina qu'elle les saurait bien assez tôt. Le géant qui s'arrêta devant elle devait faire trois fois sa largeur. Ses longs cheveux pâles étaient attachés en une toque derrière son crâne et une lourde armure prenait place sur ses épaules. Ses yeux sévères se posèrent sur la pirate et cette dernière n'y vit aucune trace d'amusement comparativement aux regards des autres. Sally ne put empêcher son regard de suivre les nombreuses cicatrices prenant place sur le visage du bandit. Lorsque son regard croisa celui de ce nouvel arrivant, elle eut un très mauvais pressentiment. L'homme posa son regard sur son œil gauche où il y avait cette mince cicatrice qui la caractérisait si bien...

- Funesti... Lamina. Comme on s'retrouve.

Un très, très, très mauvais pressentiment. Elle n'avait même pas besoin de se souvenir des détails qu'elle comprenait que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, ça c'était très mal passé. Mais même en sachant qu'il ne l'aimait vraiment, mais vraiment pas, elle ne savait pas comment réagir puisqu'elle ne se souvenait pas des détails de leur rencontre. Son instinct lui criait de fuir et c'était ce qu'elle aurait bien voulu faire, mais... comment ? Ses grands yeux bleus devaient crier leur incompréhension puisque l'homme serra les dents et s'approcha très près de la pirate, se penchant même pour que son visage arrive à sa hauteur. Avec une haleine d'alcool putride, il lui souffla d'une voix menaçante :

- Tu t'rappelles de moi, n'est-ce pas ?

Cette conversation commençait très mal. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle avait perdu la mémoire. Complètement hors de question. C'était très certainement un ennemi et il dégagea une envie de meurtre très forte à l'égard de la jeune femme. Elle ne pouvait pas non plus simplement jouer l'ignorante, même si c'était ce qu'elle était, car il risquait de le prendre très mal et adieu les chances de s'en sortir vivante. La façon dont il avait prononcé cette phrase ne laissait pas supposer une question. Elle devait se souvenir de lui. Il n'y avait pas d'autre option. Il lui en voulait profondément. La pirate pinça les lèvres sans rien ajouter. Comment pouvait-elle l'aborder ? Oui, d'accord, elle était toujours la même fille, mais comment réagir devant un bandit voulant sa peau pour une raison dont on ne se souvenait plus ? Elle ne pouvait même pas jouer la carte de vous-vous-trompez-de-personne. Il l'avait clairement reconnu et connaissait même son nom. Enfin, son nom de pirate. Alors ils n'étaient pas proches. Ils n'étaient vraiment que des ennemis.  Comme il ne recevait pas de réponse, il continua:

- Tiens. T'as perdu ta langue ? C'doit bien être la première fois que tu répliques rien... Pourtant, J'le sais qu'c'est toi. Y'a personne d'autre avec une cicatrice comme la tienne qui s'promène avec confiance et des tonnes de couteaux sur elle. J'te connais Lamina. Tu peux faire semblant de pas comprendre, mais j'sais qu'tu souviens très bien.

Oups. Peut-être aurait-elle dû agir de façon détendue et nonchalante comme elle le faisait souvent. Mais c'était difficile en ne se souvenant pas de la personne et entourer de bandit dangereux voulant sa peau.  *Sally... Vraiment, tu devais être une pirate effrontée* Et maintenant, il trouverait peut-être qu'il y avait quelque chose de bizarre avec elle. Heureusement, il ne se doutait de rien pour l'instant. Il pensait qu'elle essayait de le duper, même si ce n'était pas du tout le cas. M'enfin,  c'était déjà une bonne nouvelle pour elle. S'il ne se doutait de rien, elle pouvait faire semblant de comprendre de quoi il parlait. Elle s'obligea donc à décrisper ses muscles et rangea son épée courte. Elle croisa les bras et jeta un regard à moitié amusé et à moitié sérieux à son adversaire comme elle s'imaginait le faire devant une situation fâcheuse, mais déjà-vu.

- Eh ben. Y t'en fallait pas beaucoup pour arrêter d'faire semblant. T'as compris qu'tu pouvais pas m'duper ! Que j'te connais.

Oui...  Il faudrait en reparler. Pour l'instant, il pouvait croire ce qu'il voulait. De toute façon, ce n'était pas le temps de le provoquer, n'est-ce pas ? Sally comptait bien le laisser parler. Cela lui donnait du temps pour trouver un plan pour s'enfuir et puis ça lui permettait d'en savoir plus sur cet ennemi qu'elle aurait déjà dû connaître. Elle ne pouvait laisser passer ses chances de comprendre. Ça pourrait lui permettre de mieux s'en sortir après. Elle devait aussi enregistrer ce qu'il se passait autour d'elle. Où était positionné chaque bandit et elle essayait de débusquer ceux qui étaient cachés. Ce ne serait pas chose facile. Sally gardait la plupart du temps son regard rivé sur le chef de la bande. Il était maintenant clair que cet homme était celui qui dirigeait tout de loin et l'autre n'était qu'un second. Mais ça n'avait aucune importance pour l'instant. L'important était de trouver un moyen de fuir.

- J'ai toujours rêvé du moment où tu s'rais seule, loin de c't'équipage d'incapable. Ce jour-là, j'savais que j'pourrais t'faire la peau comme t'as faite celle de mon père.

L'attention de la pirate qui se promenait un peu partout se focalisa d'un coup sur le géant devant elle. Ce qui lui avait fait tourner la tête si rapidement n'était pas qu'il voulait lui faire la peau ; ça, elle l'avait déjà deviné. C'était plutôt la raison. Elle avait tué son père ? Voilà qui expliquait un peu mieux cette haine qui lui envoyait en plein visage. Elle avait tué son père et maintenant il allait la tuer pour se venger. Plein de questions assaillaient maintenant la pirate. Quoi ? Comment ? Quand ? Avec qui ? Pourquoi ? Cette dernière question surtout : pour quelles raisons avait-elle tué son père ? Elle savait avoir déjà tué des gens, mais elle ne le faisait jamais pour le plaisir. Se battre, c'était amusant. Tuer, c'était autre chose. Ça laissait un arrière-goût amer dans la bouche et les mains souillées à jamais. Mais il fallait se battre pour vivre, se défendre pour survivre.

- J'ai pas oublié. J'oublierais jamais Lamina. T'en as jamais rien eu à foutre des autres. Tu voulais la marchandise, c'est tout. Il était sur le ch'min. Alors tu l'as écarté et laissé couler au fond des mers.

La marchandise... D'accord. Donc, son père était un marchand ? Ou un pirate tout comme elle et c'était un combat pour la marchandise ? Ce qui était sûr, c'était qu'elle ne croyait pas. Ce ne pouvait pas être vrai. Elle ne souvenait pas, mais elle savait qui elle était. Elle n'était pas une meurtrière. Elle ne tuait pas simplement pour arriver à ses fins. Ce n'était pas toujours nécessaire. Ce bonhomme ne devait pas connaître toute l'histoire. Elle ne la connaissait pas non plus, mais elle avait beaucoup plus confiance en elle qu'en un homme sorti de nulle part.

- Mais toi. Tu r'trouv'ras jamais la mer une fois que tu s'ra morte. On va t'laisser pourrir dans un trou, loin d'toute. C'est tout c'que mérite une trainée dans ton genre. Tu crois p'être que tu vas t'en sortir comme la dernière fois ? Mais là, t'es toute seule. J'ai bien r'gardé. Y'est nulle part ton équipage, Lamina. Y'ont fini par s'rendre compte d'la merde que t'étais et y t'ont laissé tombé ?

Sally avait l'impression que la haine et le désir de tuer ne faisaient que grandir en lui alors qu'il continuait. Sally encaissait ce qu'il disait, mais intérieurement, elle bouillait de rage. Non. Ce n'était pas vrai. Son équipage ne l'avait pas abandonné. Ce n'était pas vrai. Ce ne pouvait pas être vrai. Mais... au fond, elle ne savait pas. Elle ne se souvenait pas de ce qui s'était passé. Peut-être... peut-être en avaient-ils eu marre d'elle ? C'était possible ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Elle essayait tant de les retrouver. Mais s'ils ne voulaient pas qu'elle les retrouve ? Non. Suffi. Sally fronça les sourcils. Elle n'allait pas le laisser semer le doute dans son esprit qui était déjà assez mélangé. Elle attendrait de savoir la vérité. Lui était envahi par la haine, il voulait simplement la blesser. Elle ne pouvait pas se fier à ce qu'il disait. En plus, ce n'était pas comme s'il la connaissait vraiment.

- Cette fois, tu t'enfuiras pas. Tu t'rappelles d'mon visage avant ? Avant que j'croise ta route ? J'avais pas à m'cacher. T'as vu les cicatrices qu'tu m'as laissées ? Ouais. Ça vient d'toi tout ça. Tout ça parce que j'ai voulu t'faire comprendre qu'mon père méritait plus que toi d'viv'e. On a eu d'la chance que tu passes par cette ruelle. Au début, j'tais pas sûr. Tu t'promènes rarement seule. Mais on t'a vu souvent traîner dans les parages sans personne ces derniers temps. Fallait qu'on saute sur l'occasion, tu vois ? Une dernière volonté avant d'mourir pi' d'aller en enfer, ma belle ?

Oh. Le temps était maintenant écoulé. Elle devait fuir tout de suite où la hache que le géant traînait à sa ceinture signerait son arrêt de mort. Mais elle ne pouvait pas tout simplement quitter comme ça. Il lui avait posé une question et elle se devait d'être courtoise et de répondre avant de leur fausser compagnie. Et puis, c'était bien trop facile comme perche. Comment pouvait-elle laisser passer cette chance ? Qui le pourrait ? Il fallait au moins profiter de ce qui était peut-être ces derniers instants. C'était déprimant de penser comme ça, mais elle ne pouvait faire semblant de ne pas voir le merdier dans lequel elle était profondément tombée.

Soudainement, une idée frappa l'esprit de Sally. Pourquoi ne pas lui demander de l'aider à s'enfuir ? Elle était certaine qu'il n'y verrait pas d'inconvénient. Seulement, il n'était pas obligé de se rendre compte qu'il l'aidait. Elle n'avait qu'à camoufler le tout sous un air implorant et désespéré. Elle leva donc le regard vers son ennemi et s'adressa à lui pour la première fois:

- Dis... Je peux au moins savoir combien vous êtes pour me faire la peau ?

Un air étonné s'afficha dans le visage de l'homme. Quoi ? C'était si étrange comme question ? Ça sonnait peut-être un peu trop évident... En même temps, elle ne voyait pas ce qui le retiendrait de lui dire. Après tout, elle était coincée. Ils étaient plus nombreux. Certains étaient cachés et les autres prêts à l'arrêter si elle essayait de se pousser. Il était certain qu'elle était prise au piège. Alors qu'est-ce qui le retiendrait de lui dire son plan comme tous les idiots de méchant dans les histoires pour enfants ? Absolument rien ! Un sourire remplaça bien assez vite le regard étonné de l'homme. Sourire fier et sûr.

- Onze. C'était ta dernière volonté ?

Sally secoua négativement la tête. Ce n'était pas sa dernière volonté, c'était une question à laquelle il avait accepté gentiment de répondre. Elle leva les mains devant elle pour l'empêcher de faire le moindre mouvement alors que son cerveau réfléchissait à toute vitesse en prenant en compte l'élément nouveau. Maintenant, avant qu'il ne s'impatiente et ne lui tranche la tête, elle ouvrit la bouche pour une seconde question.

- Parfait. Trois. T'es droitier ou gaucher ?

Serrant les dents, le géant semblait s'énerver de l'attente. Les questions n'étaient pas son fort, semblait-il... En plus, il ne suivait pas le raisonnement de Sally. De quoi parlait-elle ? Pourquoi posait-elle toutes ses questions ? Elle restait plantée là, mais contrairement à ce que le chef de meute pensait, elle ne s'était pas résignée à son sort. Elle essayait de s'en sortir en gagnant encore un peu de temps.

- Ok. Droitier. Mais c'tait la dernière question. Maint'nant, dis aur'voir à la vie !


Avant qu'il n'ait pu attraper sa hache, Sally laissa un couteau glisser de sa manche et le lança directement sur l'étui de l'arme. La hache tomba lourdement au sol et un nouveau couteau s'enfonça dans l'épaule droite de l'homme qui lâcha un grognement de douleur en portant la main à son épaule. Il cria à ses hommes de ne pas la laisser s'enfuir, mais il était trop tard, elle n'était déjà plus là.

Montant dans une échelle à une vitesse qu'elle ne savait même pas pouvoir atteindre, la pirate évita les flèches qui sifflait en sa direction. Il n' avait que trois personnes cachées. Mais elle devait faire attention. Elle savait où était situé environ le premier et pour les autres, elle n'avait eu qu'à user de logique. Il devait être placé en triangle. Ce qui lui laissait trois choix d'endroits pour courir. La ruelle devant elle était remplie des brigands alors ça avait été un non tout de suite. Elle aurait pu continuer à suivre la route principale, mais elle aurait été complètement à découvert. Restait l'échelle derrière elle. Une légère diversion avec les couteaux et elle s'était éclipsé. Arf. Ce qu'elle en perdait des couteaux lorsqu'on y pensait. Son argent devait passer principalement là-dedans. M'enfin... Des fois, elle ne pouvait vraiment pas les reprendre.  

Arrivant enfin au bout de l'échelle, elle se plaça à couvert derrière le muret entourant le toit et reprit son souffle en tendant l'oreille. Ils la suivaient et certains montaient en ce moment même l'échelle. Elle était presque certaine qu'ils allaient entourer la bâtisse pour pouvoir l'attraper, peu importait où qu'elle aille. Et il y avait les trois invisibles qui pouvaient apparaître n'importe quand. Ils étaient dangereux en plus avec leurs arcs et flèches. D'ailleurs, une des flèches avait frôlé son bras laissant une égratignure. Ce n'était pas grand-chose, mais elle savait devoir redoubler de vigilance devant cette menace invisible. Ils avaient beau être débiles, ils étaient sérieux. Un petit sourire s'afficha d'un coup sur le visage de la pirate. Faire attention. Mais cela pourrait lui permettre de voir leur position. Elle se leva et s'accota sur le muret pour regarder en bas. Avec un grand sourire, elle posa sa tête dans sa main et s'écria:

- Je me demande si un jour vous arriverez à m'attraper. Je ne suis pas étonnée d'avoir pu m'en sortir souvent avec vous comme adversaire. Bonne chance et je vous dis à la prochaine !

Le dernier mot prononcé, elle disparut à nouveau alors que trois flèches fendaient l'air derrière elle. C'était moins une. Mais voir leur face en valait franchement la peine. Elle retint un rire et s'obligea à bouger. Ils étaient encore majoritairement en bas de l'échelle, mais elle ne devait pas leur rendre la tâche facile et les laisser l'encercler. Elle longea le muret derrière lequel elle était accroupie pour s'éloigner. Ce muret lui permit de rester cacher un long moment et d'ainsi éviter tous projectiles potentiellement mortels. De bonnes nouvelles, quoi. Elle arriva cependant rapidement au bout du toit de la bâtisse et dû se résigner à se lever pour trouver sa prochaine cachette, si cachette il y avait... Son regard balaya les alentours. Elle ne devait pas traîner et trouver le plus rapidement un chemin pour fuir. Le bâtiment sur lequel elle était n'était pas très haut, mais il lui donnait accès à plusieurs routes. D'accord...

Visualisant rapidement le chemin à faire, elle s'apprêta à amorcer son premier mouvement, mais un cri derrière attira son attention. Elle tourna la tête pour découvrir un des hommes qui avait atteint le toit. Elle n'avait plus de temps à perdre. Elle sortit un couteau qu'elle lança sans attendre et celui-ci atteint le milieu de la poitrine de son adversaire. Ce dernier venait à peine de mettre un pied sur le toit, il n'avait donc pas eu le temps d'éviter. Heureusement pour elle. Avec un gémissement, le bandit lâcha prise. Sally ne prit pas le temps de le voir disparaître de son champ de vision, déjà, elle sautait sur le balcon placer à quelques mètres en bas du toit. À peine ses deux pieds eurent-ils touché le bois du balcon que déjà elle passait par-dessus la balustrade pour sauter sur une poutre de bois se tenant à un mètre du balcon. Elle s'accroupit et sauta dans le vide, ses mains attrapant au bon moment une deuxième poutre. Grâce à l'élan procurer par cette chute volontaire, elle put se rendre sur un autre balcon plus bas. De là, elle sauta sur le petit toit d'une fenêtre sur l'immeuble en face de celui qu'elle avait escaladé. Étant rendue beaucoup plus bas, elle sauta sur une dernière poutre qui soutenait une enseigne de taverne et se laissa tomber jusqu'au sol dans une roulade avant. Une fois sur la terre ferme, elle ne se fit pas prier et partait aux pas de course vers la route principale. Au même moment, elle entendait des cris derrière elle et un regard en arrière lui indiqua que ceux restés au sol la prenaient en chasse. Génial...

Pour éviter armes et projectiles, elle tourna sans attendre dans la rue. Elle comprit vite qu'elle ne pouvait malheureusement pas courir ainsi à découvert. Ce serait bien trop dangereux. Elle tourna donc dans une nouvelle ruelle et une flèche vint frôler son mollet droit. Accélérant de plus belle, elle sauta sur un tuyau et y grimpa quelques mètres avant de sauter sur un autre immeuble qui offrait de bonnes prises pour continuer son ascension. Elle sauta, s'agrippa sur le rebord d'une fenêtre et, prise par prise, elle grimpait étant suivis par ses opposants. Elle évita de son mieux les flèches et couteaux qui lui fonçaient dessus par les hommes incapables de grimper. Malheureusement, elle ne pouvait pas bouger à sa guise, étant freinée par les prises auxquelles elle avait accès. Lorsqu'elle atteint enfin le toit, elle avait plusieurs égratignures et coupures, mais rien qui ne l'empêcherait de continuer. Ce n'était que des blessures superficielles. Merci, ils ne savaient pas viser  ! Ce qui était le contraire de notre pirate qui attrapa une barre de fer qui avait été oubliée sur le toit pour la lancer directement sur les hommes qui grimpaient. Elle réussit à en faire tomber deux. Le premier grâce à une barre de fer en plein visage, l'autre grâce à son ami qui lui était tombé dessus. Parfait.

Les ayant un peu ralentis, elle reprit de plus belle. Elle courut le long du toit et sauta sur un autre un peu plus bas, mais collé à la bâtisse. Elle se réceptionna d'une roulade à nouveau et continua sa course. Elle grimpa sur un muret et sauta de l'autre côté juste à temps pour éviter une dague qui filait vers elle. En atterrissant, elle fut accueillie par deux hommes qui avaient fait le tour pour la rejoindre. Sortant ses deux fidèles épées, Sally continua sa course vers eux en engageant le combat. Elle assena un coup au premier qui fut bloqué, recula, évita un coup du deuxième, frappa avec son épée, se déplaça de quelques pas, assena un coup, évita une arme, tua le premier, se recula, prit un élan grâce au mur et décapita le deuxième. Pas le temps de réaliser, elle courait à nouveau. Elle sauta sur un autre toit de justesse et atterri d'une pirouette. Elle se retourna pour envoyer deux couteaux qui atteignirent la gorge de deux de ses poursuivants et se retourna à temps pour éviter une volée de flèches. Cependant, l'une des flèches lui entailla profondément le bras, lui faisant serrer des dents. Elle se dépêcha de gagner un toit plus élevé pour atteindre l'archer. D'un coup de couteau, elle lui trancha la gorge et laissa le corps tombé dans les ruelles de ce coin malfamé. Elle allait se laisser glisser pour atterrir sur l'autre toit plus bas, mais un couteau, qu'elle n'avait pas vu, atteignit sa jambe. Elle serra les dents et s'obligea à descendre tout de même. Elle s'accota un mur de la bâtisse de laquelle elle venait de glisser et porta la main à sa jambe. Ça saignait plus qu'elle ne l'aurait pensé. Elle n'avait pas le temps de s'en occuper, mais elle enroula tout de même un morceau de bandage qu'elle serra rapidement.

Ce court moment de répit permit à ses adversaires de la rattraper et elle se retrouva à une contre quatre. Cependant, elle ne leur laissa pas le temps d'amorcer le premier mouvement. Un couteau trouva sa place dans la poitrine de l'un et dans le ventre de l'autre. Se retrouvant désarmée, elle ne put qu'éviter les attaques des deux autres et glissa sur le toit pour attraper ses épées qu'elle avait laissées tomber pour ses couteaux. Se relevant, elle n'eut pas le temps de bloquer le coup qui lui entailla profondément l'épaule, la faisant lâcher son arme. Elle retint un cri et frappa de sa main gauche. Un coup de pied bien placé lui permit de pousser son adversaire en bas du toit et elle lança son épée courte sur le dernier qui avait pensé à la même chose. Elle se tassa, mais l'arme lui vrilla le ventre. Elle gémit sous la douleur et se dépêcha à reprendre ses épées et couteaux, puis se laissa glisser du toit en pente, s'égratignant les jambes en même temps. Elle atterrit sur un balcon en pierre et se laissa un moment pour reprendre son souffle. Elle se tenait le ventre d'une main et l'épaule de l'autre. Elle tourna la tête pour regarder vers le bas et une flèche lui entailla la joue. Elle porta une main à la blessure avec surprise. Si elle n'avait pas bougé, cette flèche l'aurait atteinte en pleine tête. Un frisson d'horreur la parcourut et elle sauta d'un coup sur l'immeuble en face pour éviter les autres flèches qui filaient vers elle. Pourrait-elle vraiment s'en sortir vivante ?! Elle remonta grâce à un tuyau jusqu'au toit et reprit sa course. Le souffle commençait cependant à lui manquer et la douleur dans la jambe l'élançait lorsqu'elle courait. C'était sans parler de celle à l'épaule qui devait être affreuse à voir. L'arme de son adversaire ne l'avait vraiment pas manqué. Elle continua de courir, sautant d'un toit à l'autre en évitant les flèches qui venaient de n'importe où et les couteaux dans son dos.

Se dépêchant, elle voulut passer par-dessus une poutre du toit, mais son pied se prit dans une dalle et elle s'effondra. Elle se protégea la tête de ses bras, mais ceux-ci n'apprécièrent pas l'éraflure que leur procura le toit inégal. Elle serra les dents et se releva rapidement. Cet arrêt non voulu donna le temps à un archer de viser sa jambe blessée et la flèche envoya une onde de douleur dans le corps de la pirate, ce qui lui fit perdre l'équilibre. Mais elle ne pouvait se permettre de s'arrêter. Prenant sur elle, elle bougea et envoya un couteau à l'endroit d'où venait la flèche. Un gémissement de douleur lui donna la réponse qu'elle attendait. Elle arracha la flèche de sa jambe et posa un nouveau bandage avant de reprendre sa route. Elle arriva bien assez vite sur un haut toit où elle n'avait nulle part où sauter. Se mordillant les lèvres, Sally regarda autour, partout, essayant de trouver une échappatoire. Elle découvrit enfin un long fil qui reliait l'immeuble à une église. Sortant un morceau de tissus assez résistant, Sally le passa par-dessus le fil et se laissa glisser. Alors qu'elle glissait, deux flèches lui frôlèrent la joue gauche laissant deux lignes de feu. *Aïe...* Mais ce n'était ce qui lui faisait le plus mal...

En arrivant sur le toit, elle se retourna et son regard croisa celui de son ennemi principal qui se tenait sur l'autre toit. Sally lui envoya un regard froid et coupa la corde qu'elle venait d'utiliser pour les empêcher de faire de même. Un petit sourire de la part de l'homme la fit froncer les sourcils. Elle comprit rapidement pourquoi lorsqu'une douleur l'élança sous la poitrine. Une flèche l'avait atteinte. Heureusement, ils étaient trop loin pour bien visés et le projectile avait seulement ouvert une blessure peu profonde sur le côté de son corps. La jeune femme expira l'air qu'elle avait gardé dans ses poumons en réalisant cela. Plus de peur que de mal. Mais elle ne devait pas rester là. Son regard recroisa celui de l'homme et ils se défièrent un moment. Puis, il bougea. Il sortit quelque chose de son sac et Sally plissa les yeux pour mieux voir. Mais elle aurait mieux fait de déguerpir. Dès qu'elle réalisa l'objet que tenait l'homme, elle se recula, mais il avait déjà tiré. Le coup frappa la pirate en plein ventre et celle-ci ne put retenir un cri de douleur cette fois. Ses deux mains se portèrent vers l'endroit où la balle était. Sa respiration se fit haletante. Un deuxième coup de feu se fit entendre et Sally s'obligea à bouger. Elle courut de son mieux jusqu'au bord du toit, tout en se tenant le ventre d'une main et elle sauta en entendant un nouveau coup de feu.

Elle atterrit lourdement sur le balcon et s'effondra en serrant les dents. Elle avait mal. Partout. La moindre partit de son corps la faisait souffrir, mais cette blessure était la pire. Elle toussa, reprit son souffle, toussa à nouveau et cracha un peu de sang. Ça y était ? … Elle allait mourir ? Une larme apparut au coin de ses yeux. Non. Il n'en était pas question. Elle n'allait pas mourir. Pas ici. Pas comme ça. Elle se releva en s'appuyant sur la rampe. Elle trouva une échelle qui lui permit de descendre jusqu'à un autre balcon. Elle entendit alors des bruits de course et des éclats de voix. Elle sut que c'était eux et qu'ils la cherchaient. Elle devait se trouver un endroit tranquille où se reposer. Elle avança aussi bien qu'elle le pouvait, se tenant sur les murs. Elle se tenait le ventre, essayant de peut-être empêcher le sang de la quitter. Elle trébuchait au moindre obstacle et avait de la difficulté à respirer. Mais elle devait continuer. Elle ne cèderait pas. Elle serrait les dents et avançait. Un pas devant l'autre. Lentement, mais elle avançait. Elle serrait les poings, passant de balcon en balcon. Elle ne savait même plus où elle était. Elle ne savait même pas depuis combien de temps elle avançait. Mais elle se sentait mal. Tellement mal. Elle devait s'arrêter. Se reposer un moment. Juste un moment... Mais elle ne pouvait pas.


Elle passa par-dessus la balustrade et vit l'autre balcon, deux mètres plus bas. Prudemment, elle posa le pied sur bord d'une fenêtre, mais en posant l'autre, elle perdit l'équilibre. Elle se rattrapa de justesse au bord de la fenêtre avec sa main. Un soupir s'échappa de ses lèvres. Elle calcula son coup et se laissa tomber sur le balcon sous elle. Sauf qu'elle n'avait pas vu la tache huileuse sur le bois. Lorsque ses pieds touchèrent la substance, elle perdit l'équilibre à nouveau et tomba lourdement, sa tête se frappant sur les barreaux entourant le balcon du même coup. Elle ne put pas se relever tout de suite. La tête lui tournait et elle ne se sentait pas très bien. Elle s'obligea tout de même à se relever. Elle fit quelques pas maladroits et préféra retourner au sol à l'aide d'une échelle. Elle descendait lentement. Le monde commençait à tourner autour d'elle. Elle sentait ses muscles crispés et douloureux, sans parler de ses blessures. Elle ne pouvait presque plus avancer. Un peu plus et elle lâchait l'échelle pour s'écrouler par terre. Elle arriva enfin au sol, mais ça lui semblait même pire. Elle ne pouvait pas rester là. Elle devait se cacher et se reposer. Peut-être dormir un peu. Oui, dormir... Elle s'accota au mur et continua d'avancer sur quelques mètres avant d'arriver à une fenêtre ouverte. Elle regarda les rideaux qui flottaient au vent. C'était comme une invitation. Mais elle ne pouvait pas entrer chez n'importe qui, comme ça.

De nouveau, elle entendit leur voix ainsi que des pas. Ils se rapprochaient. Et il était hors de question qu'ils la trouvent. Elle avait besoin de se mettre à l'abri. De se cacher. Cette fenêtre, donnant sur cette pièce, lui donnait exactement ce qu'elle cherchait. Elle n'attendit pas une seconde de plus et elle se hissa de son mieux par la fenêtre. Elle se laissa tomber sur le sol dans un bruit qu'elle ne réalisa même pas. Elle resta sous la fenêtre à reprendre son souffle silencieusement, les yeux fermés. Elle écouta les pas se rapprocher, retint son souffle et les entendit s'éloigner. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Mais elle ne pouvait pas rester ici. Elle allait sortir, rejoindre la rue et trouver de l'aide. Elle pouvait y arriver. Elle se releva avec douleur. Son ventre n'était qu'une atroce source de désespoir. Elle posa un pied devant elle et s'accota sur le mur. Elle fit un nouveau pas. Puis un autre. Et elle fonça sur un bureau. Elle ouvrit à moitié les yeux. Tiens... elle n'avait même pas réalisé les avoir fermés. Elle regarde le bureau qui tournait affreusement. Ça lui donnait mal au cœur... Elle contourna tant bien que mal le meuble et s'accota de nouveau sur le mur. Elle regarda sa blessure qui saignait toujours. Peut-être... peut-être qu'elle n'aurait pas le temps de s'y rendre ? … Elle entendit des pas. Non... Ils s'approchaient. Non... Ils ne pouvaient l'avoir retrouvé. Ce n'était pas possible ! Elle se laissa glisser au sol. Son ventre... Son épaule... Sa jambe... Son ventre. Elle avait mal. Elle ferma les yeux. Si mal... Elle serra les dents. Elle voulait juste que ça arrête. Que toute cette douleur s'en aille. Mais elle ne voulait pas mourir. Tiens... C'était salé sur ses lèvres. Elle pleurait ? Il y avait longtemps qu'elle avait pleuré... Cette fois, elle ne pouvait pas retenir ces larmes énervantes. Elle n'allait pas mourir ! … Allait-elle ? Elle n'avait pas peur... Ou peut-être que si. Sa main se serra sur son chandail immaculé de sang. Que pouvait-elle faire ? Elle était coincée ici, incapable de faire un pas de plus.

Puis, elle sentit quelque chose. Elle ouvrit les yeux autant qu'elle le put, mais tout était flou. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle sentit cependant un liquide chaud et épais s'écouler. C'était dégoûtant. Quelle piètre pirate elle faisait. Est-ce qu'il y avait quelqu'un ? Est-ce qu'elle délirait ? Ou l'avaient-ils retrouvée ? Elle voulut bouger, mais elle ne put que pencher très légèrement la tête. Elle referma les yeux, mais se força à ouvrir la bouche :

- Lai...ssez-m...oi. C'...C'est...ah... a...ssez... J'en... ai marre... Je...vai... arg...

Elle haletait. Elle toussa et serra à nouveau les dents sous la douleur. Elle en avait assez. Ils ne pouvaient pas la retrouver. Ils ne pouvaient pas. Elle voulait juste dormir. Se reposer et que la douleur s'en aille. Elle ne pouvait plus bouger de toute façon. Alors que pouvait-elle faire de mieux ? Elle allait se reposer. Oui. Reprendre des forces.  Et se réveiller. Oui. Se réveiller. Mais... De nouveau, elle sentit des larmes chaudes coulées sur ses joues. Elle était pathétique.

- Je.... ne veux... pas...mour... ah.... mouri...r....

Elle serra les mains. La douleur était tout ce qu'elle ressentait. Elle ne pouvait plus bouger. Elle avait froid. Elle se sentait faible. Elle toussa. Sa respiration était irrégulière. Est-ce qu'elle tremblait ou c'était son imagination ? Où était-elle déjà ? La fenêtre. La pièce. La douleur. Le noir. Tout était noir. Elle n'entendait rien autour. Il n'y avait plus de pas. Était-elle encore consciente ? Où était-elle ? Elle en avait assez. Le sommeil lui semblait une libération. Devrait-elle ? La douleur disparaîtrait peut-être ? Mais elle ne voulait pas disparaître avec elle. Elle ne devait pas alors. Mais le sommeil la rattrapait. Elle ne pouvait pas ouvrir les yeux. Elle était coincée dans ce noir. Elle n'avait plus de force. Oh et puis tant pis...
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Trafalgar Knave
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MessageSujet: Re: Parce que les choses ne se passent jamais comme prévues [PV Trafalgar] Sam 25 Fév - 21:19

Allumant une cigarette, j'en pris une longue bouffée, recroquevillé sur ma chaise tournante, que je faisais justement tourbillonner. Aujourd'hui était l'un de ses jours mornes où rien d'intéressant n'arrivait. Juste une interminable journée routinière, avec le même refrain que le jour d'avant, et que le suivant... Aucun cas intéressant, pas une intervention surprise, même pas d'ablation quelconque, juste... Juste une autopsie, trois bras cassés, au sens propre comme au figuré, et quelques contusions et un sort ou deux pour quelques hémorragies trop importantes.

Et là, maintenant, plus rien... Alors, je m'amusais à tournoyer en fumant ma p'tite clope. Tout ça en attendant un patient, un truc, quelque chose... Qui frappa à la porte. Tout content, je bondis de ma chaise, me prit le coin du bureau dans le genou et clopina gaiement jusqu'à la porte que j'ouvris à la volée. Face à moi se trouvait deux "féroces et fiers guerriers", le corps rempli d'adorables cicatrices et ... Tout à fait indemne ? J'avoue que ma joie descendit un peu mais... Trouver quelqu'un en bonne santé, c'était bien aussi. Même si je ne voyais pas trop pourquoi ils se trouvaient là, et de ce que j'en savais, il n'y avait pas de bars (procurant de la joie ou non), de repères de brigands ou autres lieux de rassemblement qui aurait fait qu'il y a eu tromperie sur l'adresse. Non, à vrai dire même si le quartier était miteux, il était résidentiel. Avec une fréquentation potable : Des pauvres, des malades (enfin, au début), des éclopés (qui boitillait moins depuis que je m'étais établi ici) et un médecin pas net. (Ça c'est moi, au cas où) Enfin bref, les deux gaillards semblaient prêt à s'expliquer :

-On est bien chez le toubib qui soigne n'import'qui ?

Hum, il devait avoir de sérieux problèmes de vues le gaillard... Ce que je ne tardais pas à lui faire remarquer avec tact et gentillesse :

-Et bien, tu n'es pas une lumière toi ! Enfin, je l'avoue, dis-je en levant les mains et en agitant la tête d'un faux air contrit, je ne suis qu'un pauv' type paumé qui se déguise en médecin parce qu'il leur trouve un charisme incroyable... D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai derrière moi une magnifique table d'opérations en chêne verni et une adorable collection de scalpel, accompagné des inévitables drogues et autres tranquillisants...

Ils se regardèrent tout deux avec une évidente hésitation : "Est-ce que ce gringalet se foutait de nous, ou pas ?". Mais bon, il ne faut pas juger les gens sur leurs apparences, et ils ne furent pas dupes. Ainsi, le premier - Un blond d'à peu près un mètre quatre-vingt pour la centaine de kilos - tenta de m'attraper l'épaule droite de son énorme paluche. D'un petit pas de côté, je l'évita et celui-ci se retrouva déséquilibré dans son élan. Attrapant donc la sienne, d'épaule, je profita de la force d'inertie pour lui faire mordre la poussière avant de montrer un index pointé vers le ciel à l'autre loubard qui était près à dégainer son épée.

-Hola, du calme mon grand, je ne voudrais pas avoir d'autres blessés sous les bras... Après tout, je suppose que vous êtes là pour ça non ? Haussant innocemment les épaules, je penchai légèrement la tête vers la gauche, un sourire aux lèvres. Ce gars avait vraiment l'air de ne pas savoir que faire du drôle d'énergumène que j'étais. Allons, allons, je vous suis, ne restez pas bêtement planter là !

Mais, ils ne semblaient pas réellement pressés, au vu de leurs hésitations qui étaient une perte de temps incroyable. L'autre avait enfin réussi à se relever, et était toujours décidé à poser cette paluche de main sur mon épaule... Et bien, soit, je le laissai y prendre appui, s'il avait besoin d'aide pour se relever le pauvre ¿ Pendant ce temps, le brun - le plus trapu des deux- semblait avoir repris ses esprits. Peut-être pensait-il que je serais plus intimider avec son acolyte me "mettant la pression"... En tout cas, il reprit enfin la parole :

-Tu vas nous suivre bin tranquillement okay ? On va te passer de jolies bracelets et...

-Et puis vous m’emmènerai là-bas, où j'aurais juste le droit de soigner et fermer mon clapet, j'me trompe ? Le coupai-je, lasse d'entendre le même discours à chaque visite de bandits n'ayant pas encore eu toute les informations concernant El Medecin, soignant gratuitement les plus démuni, se fichant des planques comme du statut des blessés et autres malades, LE médecin qui bravait tout les dangers et interdits dans l'unique but de ne plus avoir de boulot à cause du fait qu'il aie sauver le monde entier des maladies et autres imprévus de la vie et... Oui bref, ils avaient juste entendu dire que je soignais gratos quoi... Présentant mes poignets, qu'il s'empressa de menotter, j'ajoutai : Et j'espère que cette reddition m'accorde au moins le droit de ne pas avoir à supporter vos insipides conversations futiles... Emmenez-moi, mais emmenez-moi vite au moins.


Ce qu'ils s'empressèrent de faire, l'un me poussant d'un joyeux poignard dans le dos, tandis que l'autre montrait le chemin et écartant les gens d'un regard assassin et d'une main garnie d'une superbe épée à double tranchant, tout à fait charmante. Souriant aux gens, je m'autorisai même quelques signes de la main -des mains- à mes quelques vagues connaissances et autres clients. Au moins les deux gaillards m'avaient évité d'être assommé, saucissonné, ou d'avoir à porter l'un de ses horribles sacs de jutes sur la tête, à l'odeur âcre de transpiration. Nous déambulâmes ainsi dans les rues, allant de quartiers mal famés à quartier encore plus mal famés. Après avoir parcouru au moins un quart de la ville, nous nous arrêtâmes enfin devant une taverne à l'allure... En miette ? Les battants de la porte tenaient à peine, mais ne tombèrent pourtant pas lorsque nous les passâmes.

Cette taverne crasseuse, miteuse, était actuellement occupée d’un large cercle de joyeux lurons, chacun armé de sa petite hache, de sa petite hallebarde ou de sa magnifique arbalète de pointe. Tous ces visages étaient désormais tournés vers moi, la mine patibulaire, la plupart du temps couverte de cicatrices, et une pesante impatience régnait dans l’air. Me poussant jusqu’au centre du cercle, j’y découvris le corps couvert de fraîches blessures, avec quelques hampes dépassant ça et là, du chef mafieux du Quartier Ouest de la Ville Basse. Un gros bonnet en somme.

-Pourquoi avez-vous mit autant de temps ? Vous savez pourtant que le chef est dans un état critique… Dit l’un d’eux. Phrase à laquel aucun de mes charmant « accompagnateurs » ne souhaita répondre, y préférant un « humpf » plus « parlant ». Au vu de leur non-envie de répondre, celui qui devait probablement être le sous-chef, bras droit, second couteau de l’homme actuellement étendu sur la table s’adressa à moi d’un ton menaçant :

-Écoute-moi bien fieu, t’a intérêt à le sauver parce que sinon…
-Oui oui, torture, mort tout le tsoin tsoin, le coupai-je. Sinon, on m’enlève ses menottes où je dois m’y coller ?

Sa mine ébahie devant si peu de peur fasse à cette situation était égale à une perle dans un doux écrin : Magnifique. Il était tellement agréable de ne pas convenir à leurs attentes… D’un signe de tête, il ordonna que l’on me libère les mains. Une fois les menottes enlevées, je me massai les poignets avant de m’approcher, ne faisant plus attention à ce qu’il se disait autour de moi. (Probablement des menaces du genre « Si tu le tues, on te charcute »)

Utilisant mon « champ d’action », une sorte de belle sphère bleue qui englobait mon patient, j’analysai ses petites blessures. Cheville droite brisée, poumon droit hors-service à cause de deux carreaux, un carreau dans la cuisse gauche, trois blessures ouvertes à l’aine, une hémorragie, bref, le client était bien loti… Je ne pourrais pas m’en sortir juste avec du fil et des bandages, ça tenait déjà presque du miracle qu’il n’ai pas été déjà mort à mon arrivée… Retroussant mes manches, je cherchai machinalement une seringue d’antidouleur dans l’une de mes poches intérieures. Il allait falloir recourir à quelques échanges de cellules pour soigner ce bougre d’animal. Autour de moi, je sentais ces p’tits gardes du corps trépignés, impatient de pouvoir voir leur chef sur pied, et peut-être aussi de me jarter dehors, ou d’essayer de mettre fin à mes tristes jours de médecin. Qu’ils essaient seulement, songeais-je avec un sourire ironique.

Le temps défila et, petite à petit, les blessures se refermèrent, les os se remirent à leur place, se consolidant pour reprendre leur forme initiale, tandis que la douleur qui lui traversait le corps passait de lui… À moi. On ne maîtrisait pas un tel pouvoir de guérison sans aucune conséquence, ça serait un peu.. Cheaté non ? Enfin, bref, après une heure, peut-être plus, le patient ouvrait les yeux et moi, j’avalais un p’tit cachet pour m’aider à supporter ça. J’agrémentai le médoc’ d’une cigarette, laissant les larbins tout joyeux aller voir comment se portait leur chef. Un peu débutant, y faisait plus vraiment gaffe à moi, tout content. Ca devait être des jeunes recrues, ou une nouvelle bande, pasque j’en avais jamais entendu parler, et qu’ils manquaient de pas mal de trucs. D’jà pour que leur chef se fasse arranger comme ça… Y s’étaient pas doué, pour sûr.

Alors que je me tournai pour fout le camp, un des gars m’attrapa par l’épaule sur l’ordre de son supérieur. Je lui jetai un p’tit regard par-dessus l’épaule, lui demandant du regard qu’est-ce dont que ce qu’il me voulait. L’patron était assis sur la table d’op’, me fixant de son regard sombre et ténébreux que se devait d’avoir tout bon chef d’organisation criminelle s’il voulait avoir un minimum de crédibilité.

- Vous… dit-il d’une voix grave qui aurait fait hérisser le poil d’un chaton. La tension était à son comble, les subordonnés ne sachant pas ce qu’allait dire leur cher boss, tenant leurs armes du bout des doigts, prêt à intervenir au besoin. Il prit une lente et palpable inspiration, avant de finir sa phrase. Merci. Nous vous sommes redevables, Chirurgien de la Mort.
Je lui lançai un regard blasé. Qu’avais-je donc à faire de leur faveur ? Ca pouvait être utile, mais ça m’semblait plus être une chaine inutile.
- Hm, ouaip. La seule faveur que je pourrais demander, c’est qu’vous n’fassiez pas de blessés ou de victimes pour que j’aie moins d’boulot, mais je sais que j’peux m’brosser, alors je vous souhaite la bonne journée, tchao.
Prenant la porte (pas littéralement hein, j’en ai une de porte chez moi), j’entendis certains des hommes de mains sortir les lames de leur fourreau, mais leur chef ne dut pas leur donner l’assaut puisque je sortis de la pièce sans encombre. ‘fin.. Je débarquai dans une autre pièce pleine de soldats à sa botte quoi, donc ça ne devait pas vraiment lui changer quoi que se soit au gaillard.
- Tu as raison, on ne pourra pas te laisser cette faveur, comme on ne peut pas te laisser partir comme ça… C’est une planque ici, on ne va pas te laisser partir aussi simplement.
- Quoi ? Vous avez vraiment besoin du sac sur la tête ? Ou de m’assommer, m’endormir ou que sais-je ? Hey, que vous soyez ici ou ailleurs, ça ne change que le nombre de miles que j’ai à faire pour rentrer. Il ne semblait pas tellement convaincu par mon discours, ainsi ajoutais-je en prenant une voix agacée et potentiellement agaçante. Je jure de ne pas révéler où vous vous trouvez à qui que se soit, ça vous va ça ? Une certaine ironie ressortait de ma voix, tandis que j’ajoutai avec un sourire. À moins que votre faveur ne me permette pas de sortir, auquel cas je serais obligé de partir d’ici de force.
Hey ouaip, j’étais une p’tite pipelette lorsque je m’y mettais. Le patron soupira, au moins ne semblait-il pas partisan de la force pour me retenir. Et aucun de ses arguments ne seraient retenus, pasque j’avais autre chose à faire.
- Bien Chirurgien, nous te laissons repartir… Mais à la condition que si nous vous appelons, vous veniez sans qu’on aille à vous y forcer.
J’éclatai d’un joyeux rire, avant de lui répondre à ce p’tit bonhomme innocent :
- Mais je viens toujours, quel que soit les gens, menace ou pas, mon boulot c’est d’soigner, pas de juger !
Essuyant une larme imaginaire, je mis mes poings à mes hanches en me demandant où se trouvait la sortie. Un gamin d’une quinzaine d’année me fit alors signe de le suivre, probablement leur chef qui v’nait de lui dire de l’faire. Autour de moi, les hommes me regardaient d’un air un peu perturbé, presque adorable. Y devaient pas avoir entendu parler de moi et de mes frasques, pour réagir ainsi. Ou alors, c’était de la tête un peu dépité de leur patron qu’ils avaient pas l’habitude, allez savoir.

Une fois à l’air libre, je fis comprendre au gamin d’un signe discret et négligeant de la main que je m’en sortirai pour retrouver mon ch’min. La journée était déjà un peu plus avancée que tout à l’heure, comme l’a toujours voulu la logique du Temps, tandis que je parcourais les rues et ruelles, mains dans les poches, en route pour mon doux chez moi. Avec un peu de chances, y aurait même des patients ! Enfin, bon, pas trop endommagé parce que ce genre d’opération, s’était une par jour et encore… C’est que c’était crevant ! Et ça, au sens propre comme figuré ou comme ce qui vous viendra à l’esprit et m’échapperai.

Bien que métamorphe, apprendre l’anatomie d’un piaf ou d’un quadrupède poilu ne m’avait jamais paru vraiment important. Oh, j’pouvais me transformer en chat ou en quelques animaux basiques, mais aujourd’hui, j’avais l’impression que changer de forme aurait pu épuiser un peu trop mes ressources que pour que je puisse rentrer sans tituber. Ainsi je revins dans mon cher et tendre cabinet un peu plus tard, ayant mal aux pattes en plus des douleurs récoltées durant les soins.

Ouvrant un tiroir, je sortis quelques ingrédients afin de faire une de mes mixtures maison permettant de calmer les douleurs. Ou a tout le moins, de me faire oublier qu’elles étaient là. Tout concentré, mais aussi tout habitué à le faire, je tenais vite en main de quoi me requinquer un peu. Bon, personne ne semblait avoir pointé le bout de son nez pendant mon absence, malheureusement et heureusement, ainsi repris-je ma place sur mon siège pour souffler un p’tit peu.

Alors que je fermai les yeux pour faire une p’tite méridienne, j’entendis du bruit de la fenêtre. Ouvrant un œil, je vis une beauté rousse, ou plutôt rouge ardent, rentré et venir tituber jusqu’au bureau, maculant son passage de traces de sang. Le contournant, elle alla à nouveau (elle l’avait déjà fait pendant le trajet fenêtre -> bureau) venir se coller à un mur avant de venir se coucher sur le « doux » sol. Enfin, se coucher… Son épaule qui la soutenait glissa vers le sol plutôt.

Me levant d’un p’tit bon, j’allais fermer la fenêtre, avant d’aller voir ce qu’il en retournait. S’accroupissant à côté de la demoiselle, il écarta une de ses mèches de cheveux du bout des doigts pour voir un peu la figure de l’intruse. Disons que le sang qui semblait être plus en dehors qu’en dehors et sortait même de la commissure de ses lèvres n’augurait rien de bon. C’était un gros cas qui, tel un cadeau envoyé par un bonhomme en rouge et à la barbe proéminente m’aurait envoyé hors-saison. Et peut-être pas le bon jour que pour que je puisse le soigner tout bien, vite fait bien fait ; le cadeau.

La jeune femme émit quelques borborygmes forts peu compréhensibles, entrecoupé d’halètement montrant d’avantage encore le piteux état de la personne en face de moi. Me relevant, je l’entendis dire une dernière phrase avant, semble-t-il de se réconforter dans les doux bras de morphée. Sauf que dans ce cas-ci, le dieu des rêves et du sommeil avait un doux relent de mort…

Je grimaçai un peu, ça n’allait pas être une partie de plaisir, mais il n’en avait de toute manière jamais été question lorsqu’il s’agissait de sauver des gens (Sauuuf évidemment s’ils étaient sauf à la fin. Pas mort, mais sauf hein, ne confondez pas ça peut avoir toute son importance lors d’un enterrement.). Prenant le corps avec mille et une douceurs et presqu’autant de jurons à l’encontre de mes muscles certes un peu trop sous-développé, il la posa délicatement sur sa table d’opération.

Ensuite, j’usai brièvement de ma sphère bleutée pour connaitre l’état de la jeune femme, qui s’avéra être assez terrible… Un sacré caractère et une belle volonté de vivre, pour être arrivé jusqu’ici. « Éteignant » ma magie, son utilisation allait devoir être utiliser avec parcimonie, sinon l’effort risquerait de me faire tomber dans les vappes et dans ce cas là… Et bien, cette demoiselle serait condamnée à coup sûr. Il y avait là une sale blessure à la tête qui se devait d’être soignée urgemment, mais l’hémorragie la finirait bien avant que je n’aie le temps de régler ce petit souci… Allant chercher bandages et cataplasmes, j’en appliquais sur chaque blessure, usant d’un minimum de magie possible que pour empêcher le sang de s’écouler à flot.

Ma patiente était légèrement blessée à un bras (à peine une égratignure, s’était la plus bénigne de ses blessures) mais l’autre lui, offrait une large et profonde plaie, causé par une flèche au vu de la déchirure. Plusieurs autres projectiles avaient aussi atteint ses joues, ne les lui ouvrant heureusement pas, se « contentant » de les zébrés. S’aurait presque pu être un effet de mode tiens. Quant à ses jambes et bien, un trou assez conséquent en ornait une, preuve qu’elle s’était soit prise pour une cible, soit laisser être une cible pour quelqu’un par un lanceur de couteau doublé d’un archer. Elle était également blessée au niveau des côtes, et encore une fois pour la même raison. L’une des blessures les plus conséquentes restait la balafre d’une épée sur le ventre de la jeune femme. C’était là un bref inventaire des quelques blessures écopées par la jeune demoiselle en détresse.

Je commençais évidemment par les deux plaies « principales » allons-nous dire, c'est-à-dire celle ornant son estomac, ainsi que celle de sa jambe. Cela me prit déjà pas mal de temps, handicapé que j’étais à devoir limiter ma magie.

Je m’affairais longtemps, recousant avec minutie, désinfectant, bandant et appliquant de la pommade sur les contusions et autres bleus. Le temps avait déjà entamé un beau parcours lorsqu’avec ce qu’il me restait de magie, je pus m’affairer à restaurer la blessure frontale, probablement causée par un choc… Fermant les yeux, je plaçai mes deux mains à quelques centimètres de son crâne, l’enveloppant dans un halo bleuté. Restructurant le tout avec minutie, m’appliquant à ne rien perturber et à restaurer tout les dommages, je finis par soupirer, las et fatigué, en me retirant. En théorie, il n’y avait plus aucun souci… Le seul risque était qu’elle aie perdu trop de sang, mais ne connaissant pas sa race, j’allais de toute manière devoir attendre qu’elle se réveille que pour pouvoir lui faire un transfert… De toute manière, ses blessures n’étaient pas encore totalement guérie non plus.

Je déposai un repas léger à côté d’elle, ainsi qu’un verre et une carafe d’eau, avant de manger un bout de pain et de venir m’asseoir sur ma chaise, à côté d’elle. Accoudé, j’appuyai ma tête pour la regarder dormir, vérifiant sa respiration qui semblait s’être stabilisée. « Un peu » fatigué par la journée, je finis par m’assoupir d’un sommeil léger, prêt à me réveiller aux moindres bruits quel qu’il soit.
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Parce que les choses ne se passent jamais comme prévues [PV Trafalgar]

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